21 septembre 2007

Le quai de gare

On y revient toujours, parce que tu repars à chaque fois.

Le quai de la gare. Cet endroit vacant où tous nos jours partent en fumée, tous nos rêves se mettent dans des valises, jusqu'à la prochaine fois. On empaquète nos espoirs, on les pousse au fond du sac, parce que sinon ils font trop mal.

On se sourit et on est maladroit, on n'a pas envie d'un adieu déchirant. Il faut partir alors, maintenant, on n'y coupera pas. Je m'enfuis dès que tu monte le marchepied. Je risquerais de me précipiter à ta suite.

Je ne regarde pas le train partir, je ne te fais pas de signe de la main. Invariablement j'ai envie de pleurer.

Je reprend ma voiture, je roule, j'aimerais rouler des heures pour être seule avec moi même et ne pas me retrouver nez à nez avec tous ces gens, toutes ces familles, tous ces autres. Je pense trop et je ne pense plus à rien, à rien d'autre que toi, toujours.

Je retrouve ma chambre vide, ma maison vide, ma vie drainée de tout son sens. Tout est au ralenti. Je grommelle, je suis infecte avec le reste du monde. C'est injuste. Mais c'est comme ça: ils ne sont pas toi.

Il n'y a plus rien d'autre dans ma tête que ce vide que tu laisses derrière toi à chaque visite. Le vide sur mon agenda: à quand la prochaine? Je tourne en rond. Le vide de la voie ferrée, tous ces trains qui ne te ramènent pas.

Le vide du quai de gare, quand tu ne descends pas.

Posté par nothing_but_you à 18:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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